Histoire de la Gaspésie au Québec
Les premiers hommes

Les plus vieilles traces d’occupation humaine du territoire québécois se retrouvent sur le site archéologique de La Martre sur la côte nord de la Gaspésie. Cette région possède une concentration de sites paléo-indiens importante remontant à environ 9 000 ans avant aujourd'hui. Cette population est caractérisée par sa culture dite plano. Ce nom provient des techniques de fabrication des pointes de lances utilisées pour chasser. Ces premiers hommes étaient des nomades qui se déplaçaient avec les troupeaux de bisons ou de rennes qu'ils chassaient. Des traces des amérindiens sont découvertes à La Martre de 7 000 ans à 2 000 ans avant aujourd'hui. Puis, ces peuples ont modifié leurs modes de déplacement en exploitant beaucoup plus les ressources naturelles. Ils ont progressivement construits des territoires constitués de villages.

Au XVIe siècle, la Gaspésie est séparée en deux. Au nord, les iroquois possèdent toute la vallée du Saint-Laurent, tandis qu'au sud, les micmacs détiennent la Baie des Chaleurs. Les deux peuples pratiquent la pêche aux maquereaux et aux phoques en mer, et aux saumons dans les terres. Mais, en 1570, les iroquois quittent le territoire à cause de conflits territoriaux avec les Micmacs. Ces derniers prennent donc le contrôle de toute la Gaspésie. Ils sont de grands pêcheurs et exploitent toutes les ressources marines : phoque, morse, mollusques, crustacés et de nombreux poissons.

Les Micmacs sont les premiers contacts qu'ont les européens en débarquant en Gaspésie. Officiellement, c'est Jacques Cartier qui découvre et s'approprie cette région au nom du roi français François 1er. Mais, il ne fait que suivre la route des pêcheurs bretons et basques qui venaient déjà chasser la baleine et pêcher la morue sur les côtes gaspésiennes et dans l'estuaire du Saint-Laurent. Parti de Saint-Malo, le 20 avril 1534, Jacques Cartier débarque dans la baie des chaleurs le 3 juillet de la même année. C'est lui qui nomme la région Baie-des-Chaleurs en raison de son climat clément. Le 24 juillet, il atteint la baie de Gaspé et plante une croix attestant de l'occupation des terres par la France. Lors de ses prochains voyages, Jacques Cartier continue l'exploration du Saint-Laurent et de la région de Québec délaissant la Gaspésie.


L'occupation française puis anglaise

Au XVIe siècle, l'occupation des terres en Gaspésie par les européens n'est pas permanente. Seule les côtes et la mer sont occupée de façon saisonnière par les pêcheurs. Mais, à partir du XVIIe siècle, la pêche à la morue devient prédominante et les pêcheurs installent à terre des installations de séchage et de traitement de la morue avant de l'envoyer en Europe. En 1676, Pierre Denys de la Ronde établit en Gaspésie le premier poste de pêche permanent. La colonisation par les européens est donc motivé que par la pêche. À cette époque, diverses seigneuries sont détenus par quelques exploitants de pêche. La plupart des villes comme Port-Daniel, Matane, Gaspé sont fondées par l'essor de l'économie engendrée par la pêche. La seigneurie de Pabos est le plus important poste de pêche en 1750.

Mais, la région est troublée par les conflits incessants entre la France et l'Angleterre. Les navires de guerre sont en permanence dans les eaux de la Gaspésie et du golfe du Saint-Laurent, empêchant le travail des pêcheurs et les échanges commerciaux. Des périodes de calmes et de cahots se succédent dans les colonies de la Gaspésie. En 1756, l'Angleterre déclare la guerre à la France sonnant le début de la guerre de sept ans durant laquelle la France perd la Nouvelle-France.

Les nombreux poste de pêche de la Gaspésie sont détruits pendant cette marche anglaise vers Québec et en 1760, la bataille de la Ristigouche marque le tournant de la guerre. Les derniers navires de la flotte française sont détruits par les anglais dans la baie des Chaleurs, le long de la rivière Ristigouche. Le 10 septembre 1760, Montréal capitule et la Nouvelle-France et la Gaspésie deviennent terres anglaises. La Gaspésie est alors désorganisée et les aménagements pour la pêche complètement détruits par les anglais. La région est désertée de ses habitants, seuls les Micmacs et quelques colons français restent sur place. La Gaspésie devient alors une terre d'accueil principalement aux acadiens et aux loyalistes qui fuient leur région d'origine.

En 1755, l'Acadie, ancienne province de la Nouvelle-France, est soumise à la déportation par les anglais car les acadiens ne veulent pas se soumettre. Nombre d'acadiens se réfugie en Gaspésie et principalement dans la Baie des Chaleurs. Jusqu'en 1763, ils sont chassés de leur terre d'origine. Les acadiens forment alors la plus grande partie de la population de la Gaspésie. Un deuxième noyau de population est issu de l'indépendance des américains avec les loyalistes fidèles à la couronne d'Angleterre qui fuient les états d'Amérique. Beaucoup s'installe en Gaspésie et notamment à Paspébiac. D'autres immigrants anglophones (Irlande, Angleterre et Ecosse) vont rejoindre la Gaspésie attirés par la pêche et son économie.


L'ouverture de la Gaspésie

Au XVIIIe siècle et XIXe siècle, la Gaspésie vit essentiellement de la pêche et de ses activités parallèles. Son activité maritime est gérée par des européens et notamment des anglos-normands de l'île de Jersey qui monte de véritables compagnies de pêche. Le bateau est le seul moyen de communication ce qui provoque un isolement de la Gaspésie par rapport au reste du Canada. Cet isolement a eu un impact important sur la culture, le patrimoine et le mode de vie de la Gaspésie.

Le XXe siècle marque un tournant pour la Gaspésie avec le déclin de la pêche à la morue. En 1911, le chemin de fer atteint Gaspé désenclavant totalement la Gaspésie. Puis à partir de 1920, la route 132 permet d'accéder à l'ensemble de la péninsule. La Gaspésie se rapproche du reste de Québec. L'exploitation forestière devient dès lors une nouvelle activité avec la colonisation de la vallée de la Matapédia.

Source: Wikipédia

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